Mana
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Post� le: Lun Mar 12, 2007 9:31 pm Sujet du message: Les liens entre paramilitaires et politiques n'affaiblissent |
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Les liens entre paramilitaires et politiques n'affaiblissent pas le pr�sident colombien
LE MONDE | 12.03.07 | 15h28
BOGOTA CORRESPONDANTE
C 'est une "affaire �norme", le magistrat Alfredo Gomez en convient. Pr�sident de la salle p�nale de la Cour supr�me de Colombie, il se dit convaincu que "les juges iront jusqu'au bout". Huit parlementaires de la majorit� pr�sidentielle d'Alvaro Uribe (droite) sont d�j� sous les verrous, un neuvi�me est en fuite. Tous sont accus�s de collusion avec les milices paramilitaires d'extr�me droite qui, pendant dix ans, ont fait r�gner la terreur en province. Dans un entretien accord� au Monde, le juge Gomez laisse entendre que d'autres arrestations vont suivre.
Le scandale de la "parapolitique" a d�j� contraint � la d�mission une ministre des relations ext�rieures, Maria Consuelo Araujo, dont le fr�re s�nateur est en prison, accus� d'avoir organis� avec les paramilitaires l'enl�vement d'un rival. Alvaro Araujo risque 40 ans de prison. Un mandat d'arr�t a �galement �t� d�livr� contre le p�re des Araujo, qui a r�ussi � prendre la fuite.
Plus compromettant encore pour le pr�sident Uribe est le cas de l'ex-directeur des services de renseignement, Jorge Noguera, emprisonn� et inculp� pour complicit� avec les chefs paramilitaires de la c�te cara�be. Il est soup�onn� de leur avoir communiqu� des listes de "suspects" - syndicalistes et d�fenseurs des droits de l'homme - � assassiner. "S'il est d�clar� coupable, j'assumerai la responsabilit� de lui avoir � tort fait confiance", a d�clar� le chef de l'Etat, dont M. Noguera a �t� le directeur de campagne en 2002.
M. Uribe se d�fend de toute responsabilit� dans le scandale. Il juge, bien au contraire, que les r�v�lations concernant les liens entre la classe politique et les milices paramilitaires sont le r�sultat de sa politique s�curitaire et de la loi dite de "justice et paix". Adopt�e dans le cadre des n�gociations avec les paramilitaires, cette loi oblige les miliciens d�mobilis�s � avouer leurs crimes pour b�n�ficier des r�ductions de peine.
L'arrestation des parlementaires et de hauts fonctionnaires prouverait la solidit� des institutions et l'ind�pendance de la justice, a r�p�t� M. Uribe, dimanche 11 mars, lors de la visite �clair de son homologue am�ricain George Bush � Bogota. Pour se d�fendre, le pr�sident colombien attaque : il a invoqu� avec agressivit� les compromissions des opposants de gauche avec la gu�rilla.
"La Cour supr�me n'a re�u aucune pression de la part de l'ex�cutif ou du pouvoir l�gislatif", confirme le magistrat Alfredo Gomez, tout en rappelant qu'un des juges de la Cour supr�me a re�u des menaces de mort. En janvier, le gouvernement a m�me accept� de d�bloquer les fonds pour nommer une �quipe de neuf juges auxiliaires - et autant de techniciens de police judiciaire - charg�e de mener � bien l'instruction du dossier de la "parapolitique".
A en croire les sondages, le scandale de la "parapolitique" n'affecte pas la popularit� de M. Uribe, cr�dit� de 65 % d'opinions favorables par l'institut Invamer-Gallup. La gestion du chef de l'Etat est jug�e positive par 72 % des Colombiens. Cependant, � Washington, le mot de "paragate" commence � flotter dans les couloirs du Congr�s. Des d�mocrates s'inqui�tent de savoir que le contribuable finance un gouvernement sur la sellette. En visite la semaine derni�re � Bogota, le s�nateur d�mocrate Jim McGovern d�clarait : "Je crois que l'aide que nous fournissons � la Colombie doit d�sormais tenir compte des droits de l'homme."
Marie Delcas |
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