Mana
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Post� le: Lun Mai 21, 2007 5:13 pm Sujet du message: Le pr�sident colombien ordonne � l'arm�e de lib�rer Ingrid |
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Le pr�sident colombien ordonne � l'arm�e de lib�rer Ingrid Betancourt
LE MONDE | 19.05.07 | 14h03 � Mis � jour le 19.05.07 | 14h03
BOGOTA CORRESPONDANTE
Le pr�sident colombien, Alvaro Uribe, a donn� l'ordre � l'arm�e de lib�rer les otages aux mains de la gu�rilla. "Messieurs les g�n�raux, allons lib�rer Ingrid Betancourt et les autres compatriotes en captivit�", a lanc� le chef de l'Etat dans un discours prononc�, vendredi 18 mai, � l'Ecole nationale de police. "Il n'y aura pas de zone d�militaris�e ni de petits jeux avec ces bandits des FARC (Forces arm�es r�volutionnaires de Colombie), dont les camps de concentration sont pires que ceux des nazis", a-t-il ajout�.
Les familles des 57 otages aux mains des FARC s'opposent � toute op�ration militaire qui pourrait mettre en p�ril la vie de leurs proches. La France partage cette position et pousse � l'ouverture de n�gociations en vue d'un accord humanitaire avec la gu�rilla. Vendredi matin, Nicolas Sarkozy a re�u les enfants d'Ingrid Betancourt, M�lanie et Lorenzo. La veille, le pr�sident fran�ais s'�tait entretenu au t�l�phone avec son homologue colombien. M. Uribe lui avait confirm� son intention de rel�cher des gu�rilleros emprisonn�s pour inciter les FARC � lib�rer leurs otages. "Uribe se moque du pr�sident Sarkozy et de la France", a comment� la fille d'Ingrid Betancourt.
M. Uribe a toujours dit qu'il �tait du devoir de l'arm�e de tout tenter pour lib�rer les otages. "C'est la seule position possible pour un gouvernement confront� � une gu�rilla qui pratique les enl�vements � grande �chelle", souligne un diplomate sud-am�ricain en poste � Bogota. Mercredi, un Su�dois et son �pouse colombienne ont �t� enlev�s par les FARC.
Jhon Pinchao, ce policier qui vient de s'�vader apr�s avoir pass� huit ans et demi aux mains des FARC, a racont� que les otages, dans l'enfer de la jungle, en arrivent � souhaiter une op�ration militaire au risque d'y trouver la mort. Les gu�rilleros ont ordre d'ex�cuter leurs prisonniers si l'arm�e intervient.
"Le probl�me reste entier puisque l'arm�e ne sait pas o� sont les otages, estime l'analyste Alfredo Rangel. La harangue d'Uribe n'aura pas d'effet sur le terrain militaire." Une op�ration commando ne peut r�ussir que si elle reste secr�te.
La m�re d'un des otages n'est pas moins inqui�te : Jhon Pinchao aurait-il r�v�l� � ses sup�rieurs des d�tails permettant de situer le camp o� se trouvent ses camarades en captivit� ? M. Rangel en doute parce que "les gu�rilleros sont tr�s mobiles et la for�t amazonienne tr�s dense". Jhon Pinchao a march� pendant dix-sept jours avant d'�tre retrouv�.
Jeudi, les FARC avaient trait� de "farce" et "d'�cran de fum�e" la proposition de M. Uribe d'une lib�ration unilat�rale de gu�rilleros sous les verrous. La gu�rilla maintient son exigence d'une zone d�militaris�e pour y n�gocier un "�change de prisonniers".
"Les FARC veulent n�gocier sans lib�rer les otages, le gouvernement veut lib�rer les otages sans n�gocier avec les FARC", note la politologue Laura Gil, qui juge "audacieuse" l'initiative pr�sidentielle : "Si la gu�rilla accepte de lib�rer les otages, Uribe aura gagn�. Si la gu�rilla ne le fait pas, elle aura perdu sa monnaie d'�change. Si tous les gu�rilleros sont remis en libert�, il n'y aura plus rien � n�gocier avec les FARC. Et Uribe aura gagn�."
Toutefois, comme d'autres, elle craint que le pr�sident Uribe ne cherche surtout � faire diversion au moment o� le scandale des liens entre les milices paramilitaires d'extr�me droite et une partie de la classe politique prend de l'ampleur.
Marie Delcas |
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