Mana
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Post� le: Ven Mai 18, 2007 8:47 pm Sujet du message: Les r�v�lations des paramilitaires impliquent le gouvernemen |
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Les r�v�lations des paramilitaires impliquent le gouvernement de Bogota
LE MONDE | 18.05.07 | 14h17 � Mis � jour le 18.05.07 | 14h17
BOGOTA CORRESPONDANTE
Les r�v�lations de Salvatore Mancuso, ancien chef des Autod�fenses unies de Colombie (AUC), �claboussent jusqu'aux plus hautes autorit�s. Deux membres du gouvernement d'Alvaro Uribe, quatre g�n�raux, des �lus et des grandes entreprises se retrouvent sur la sellette. "Le paramilitarisme a �t� en Colombie une politique d'Etat", a proclam� Salvatore Mancuso qui, � 43 ans, est accus� d'innombrables crimes de l�se-humanit�.
Pour �viter la prison � vie, les chefs paramilitaires qui ont accept� de d�mobiliser leurs troupes doivent avouer "toute la v�rit�". Mardi 15 mai, M. Mancuso se pr�sentait devant le procureur de Medellin pour compl�ter sa "d�position volontaire" et expliquer le fonctionnement de la redoutable machine de guerre qu'ont �t� les AUC. Il n'a pas arr�t� de parler depuis trois jours.
Selon M. Mancuso, ces milices d'extr�me droite sont n�es et ont grandi sous l'aile protectrice de la classe dirigeante, pr�te � tout, dans les ann�es 1990, pour en finir avec des gu�rillas d'extr�me gauche. "Le plan a �t� orchestr� d'en haut. Le secteur priv� a financ�, les hommes politiques en ont tir� profit et l'arm�e tirait sur tous les opposants, gu�rilleros ou pas", a-t-il r�sum�. Il a confirm� les liens qui existaient sur le terrain entre militaires et paramilitaires, longtemps d�nonc�s par les organisations de d�fense de droits de l'homme et contest�s par l'�tat-major. "La culpabilit�, si elle existe, ne peut �tre qu'individuelle, l'institution n'est pas en cause", a souvent r�p�t� M. Uribe.
A en croire M. Mancuso, deux des plus proches collaborateurs du pr�sident colombien auraient �t� en contact, dans le pass�, avec les chefs paramilitaires. Il s'agit de Francisco Santos, vice-pr�sident de la R�publique, et de Juan Manuel Santos, le ministre de la d�fense. Les deux hommes sont cousins, leur famille est propri�taire du grand quotidien El Tiempo.
M. Mancuso a affirm� avoir rencontr� � trois reprises Francisco Santos qui aurait souhait� voir se cr�er une milice paramilitaire autour de Bogota. En 1997, Juan Manuel Santos aurait, lui, rencontr� Carlos Casta�o, alors grand patron des AUC, pour lui proposer une alliance en vue de renverser Ernesto Samper, pr�sident (1994-1998) tr�s contest� pour avoir accept� l'argent de la drogue du Cartel de Cali dans sa campagne �lectorale.
FINANC�S PAR LES ENTREPRISES
Le pr�sident Uribe a vivement d�fendu ses deux collaborateurs. Les deux cousins Santos ont rappel� avoir publiquement fait �tat de ces r�unions et d�menti les propos que M. Mancuso leur a attribu�s. Les r�unions auraient eu pour objectif la recherche d'un accord de paix.
Le t�moignage du chef des AUC mentionne aussi l'ex-s�nateur Mario Uribe, cousin et conseiller du pr�sident de la R�publique, et le g�n�ral Rito Alejo, destitu� pour complicit� avec les "paras" puis innocent� par la justice militaire.
Jeudi, le chef paramilitaire a donn� le d�tail du financement de l'organisation. Des multinationales aux �leveurs, en passant par les deux grandes compagnies de boissons gazeuses du pays et celles de transports routiers, le secteur priv� a mis la main au portefeuille. En avril, la compagnie banani�re Chiquita Brand acceptait de payer une amende de 25 millions de dollars aux Etats-Unis pour avoir financ� les AUC, inscrites sur la liste noire des organisations terroristes.
Marie Delcas |
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