Mana
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Post� le: Sam Mai 12, 2007 6:07 pm Sujet du message: La justice colombienne exhume dans tout le pays des centaine |
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La justice colombienne exhume dans tout le pays des centaines de cadavres de victimes des groupes paramilitaires
LE MONDE | 09.05.07 | 14h03 � Mis � jour le 09.05.07 | 14h04
BOGOTA CORRESPONDANTE
Les cadavres racontent l'horreur. "Il faut savoir garder du recul pour pouvoir continuer � travailler", explique Saide Meneses sans perdre son sourire. Procureur, elle dirige une des trois �quipes charg�es d'exhumer les corps des victimes du conflit colombien. Son coll�gue Juan Carlos Lopez rentre du d�partement du Putumayo (sud), o� 105 restes humains, "des ossements, des cr�nes, parfois une chemise � carreaux intacte", viennent encore d'�tre trouv�s sous terre.
En passant aux aveux pour obtenir les r�ductions de peine pr�vues par la loi "justice et paix", les miliciens paramilitaires d�mobilis�s ont permis aux autorit�s de mettre au jour des dizaines de charniers. Pr�s d'un millier d'ossements ont �t� exhum�s. Combien de victimes y a-t-il au total ? "Peut-�tre 20 000", r�pond Luis Gonzalez, responsable de l'"unit� justice et paix" au bureau du procureur, en se gardant d'une �valuation trop pr�cise.
BARBARIE IN�GAL�E
Les cadavres racontent l'histoire. Sur la c�te cara�be, pr�s de Medellin, sur les vastes plaines de l'ouest de la Colombie ou dans le sud, � la fronti�re avec l'Equateur, elle s'est r�p�t�e. Sous pr�texte d'en finir avec les gu�rilleros d'extr�me gauche, les milices d'extr�me droite se sont livr�es aux pires atrocit�s. Paysans, syndicalistes, instituteurs et journalistes ont �t� �limin�s, soup�onn�s d'accointance avec la gu�rilla. La lutte pour le contr�le du pouvoir local ou des cultures de coca a attis� la haine. A en croire les �quipes d'exhumation, les ann�es noires vont de 1997 � 2002. Mais, dans l'Est, certaines fosses communes datent de 2005.
A la diff�rence des paramilitaires, qui ont accept� de rendre les armes, les gu�rilleros sont encore dans le maquis. "Pour l'instant, nous ne disposons que des aveux des d�serteurs, dit M. Gonzalez. Ils ont permis de retrouver quelques fosses communes. Mais nous ne retrouverons toutes les victimes que quand les gu�rilleros accepteront � leur tour de confesser leurs crimes."
L'affrontement a �t� sauvage de part et d'autre, mais les paramilitaires ont fait preuve d'une barbarie in�gal�e. Les cadavres mutil�s disent la torture � grande �chelle et la volont� de terroriser. Un gamin de 16 ans a avou� avoir d�coup� 400 cadavres. "Nous savons qu'il existe des fosses avec deux cents ou trois cents corps, mais les chefs paramilitaires ont �limin� les sous-fifres qui les ont creus�es et remplies. Personne n'a encore pu nous dire o� elles sont", explique Javier Celedon, responsable d'une �quipe d'exhumation.
Le t�l�phone sonne. La voix de Saide Meneses se fait grave : "Les r�sultats ADN sont arriv�s. Les quatre ont �t� identifi�s. Vous pouvez enfin pr�parer l'enterrement. Bon courage." Il y a sept mois, le corps d'une femme et ceux de ses trois enfants, �g�s de 24, 22 et 21 ans ont �t� retrouv�s dans le jardin d'une belle propri�t� "o� les paramilitaires faisaient la f�te", � deux heures de route de Bogota. "Sept mois, c'est tr�s long pour dire aux familles que le corps de leur �tre cher a �t� identifi�", soupire la magistrate.
Pour faire face � la gigantesque t�che de l'identification des victimes, le personnel qualifi� est insuffisant, les moyens techniques restreints, le budget trop juste pour payer les d�placements et les laboratoires croulent sous le travail. "Nos services sont compl�tement d�bord�s", admet M. Gonzalez. C'est le r�sultat "inesp�r�, douloureux et positif pour la Colombie" de la d�mobilisation n�goci�e des paramilitaires.
Marie Delcas |
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