AgirpourIngrid.com - Paris - 25/05/08
Les FARC ont annoncé dimanche le décès de Manuel Marulanda, le chef historique de la plus vieille guérilla du monde.
"Le grand leader est parti", a déclaré un membre du secrétariat (organe dirigeant) des FARC, Timoleon Jimenez, alias "Timochenko", à la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur. Ses déclarations ont été reprises par les télévisions colombiennes.
Manuel Marulanda, 80 ans, est mort d’une brève maladie, a ajouté le membre du secrétariat. "Timochenko" a précisé également qu’Alfonso Cano, considéré comme le responsable idéologique de la guérilla, en assumera le commandement.
Né le 12 mai 1928, à Genova, dans le Quindio, la région du café à l’ouest de Bogota, Pedro Antonio Marin, de son vrai nom, alias Manuel Marulanda Velez, pseudonyme rendant hommage à un dirigeant colombien de la région d’Antioquia (nord-ouest) des années 30 - etait le fondateur de la première guérilla paysanne de Colombie.
Samedi, le ministre de la Défense colombien, Juan Manuel Santos, avait révélé, citant les services de renseignement, que Manuel Marulanda, était décédé le 26 mars mais sans fournir de preuves.
Marulanda doit "être en enfer car c’est dans ce lieux où vont tous les criminels morts", a affirmé le ministre dans son interview avec Semana.
Dimanche matin lors d’une conférence de presse, Juan Manuel Santos a appelé le nouveau dirigeant Alfonso Cano à la négociation et "à se rendre compte que la lutte armée ne mène nulle part". "La porte pour parvenir à la paix est ouverte", a-t-il dit.
Puis le ministre a appelé à la démobilisation des guérilleros. "Trois de vos chefs sont sous terre, profitez de cette opportunité pour vous démobiliser, sinon nous poursuivrons les opérations militaires avec plus d’intensité", leur a-t-il lancé. "Nous ne pouvons pas encore crier victoire", a conclu Juan Manuel Santos.
Samedi soir le président Alvaro Uribe a de son coté annoncé publiquement que des chefs de la guérilla sont prêts à se démobiliser en échange de la libération d’otages dont Ingrid Betancourt.
"Le gouvernement a reçu des appels des FARC dans lesquels certains dirigeants ont annoncé leur décision de se démobiliser et de libérer Ingrid Betancourt, si le gouvernement (colombien) leur garantit la liberté", a poursuivi le président dont les propos ont été rapportés par la télévision d’Etat.
Ces dirigeants, a ajouté Alvaro Uribe, "seraient remis aux autorités de France pour qu’ils puissent profiter dans ce pays de leur liberté".
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