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Fabrice Delloye : "L’heure est au dialogue, pas à la violence ou au statu quo"

Dernière édition : 29 mai 2008

Metrofrance.com - Paris - 25/05/08



Suite à la mort de Manuel Marulanda, Adrien Cadorel du quotidien Métro a recueilli la réaction et les attentes de Fabrice Delloye, ex-mari d’Ingrid Betancourt et père de ses enfants, Mélanie et Lorenzo.

Métro : Comment réagissez-vous à la nouvelle de la mort de Manuel Marulanda ?

Fabrice Delloye : Je pense qu’il convient d’agir avec prudence. Il faut souligner que l’on comprend mieux avec cette disparition, pourquoi nous avons tant de mal, en ce moment, à rétablir les discussions avec les FARC.

Métro : C’est-à-dire ?

Fabrice Delloye : Depuis la mort de Raul Reyes [NDLR : numéro 2 des FARC], tout reposait sur les épaules de Manuel Marulanda. Avec la mort de ces deux dirigeants, les FARC devaient se poser des questions sur l’attitude qu’ils devaient adopter, tant sur le plan national qu’international.

Métro : Que pensez-vous des déclarations du président colombien Alvaro Uribe, expliquant que la libération des otages devraient intervenir rapidement ?

Fabrice Delloye : Je prie pour que cela soit possible, et que ces libérations se déroulent vite. On peut noter que depuis quelques mois, les FARC ont subi plusieurs revers de taille : je pense aux décès de (Raul) Reyes et (Ivan) Rios [NDLR : tous deux étaient membres du secrétariat des FARC, l’instance dirigeante de la guérilla], mais aussi à la démobilisation d’un certain nombre de chefs FARC, telle que Karina [ NDLR : commandante des FARC ayant déserté]. Tous ces événements démontrent qu’il y a non seulement un problème de leadership, mais aussi de cohésion quant aux décisions à prendre.

Métro : Cela pourrait être favorable aux otages ?

Fabrice Delloye : On peut l’imaginer, effectivement. Dès lors que la guérilla souffre d’une démobilisation de ses troupes, on peut penser que les geôliers des otages soient sensibles aux récompenses financières promises par Uribe, pour leurs libérations.

Métro : Le Quai d’Orsay prône la prudence sur l’avenir des otages. Est-ce votre sentiment ?

Fabrice Delloye : Bien sûr. L’urgence absolue est de renouer le contact avec les FARC. Ils restent une guérilla très menaçante, donc privilégions le dialogue, afin d’obtenir une sortie de crise sans dangers pour les otages. C’est encore possible. Et puis les FARC se sont souvent dévoyé avec des actions peu reluisantes telles les prises d’otages ou le trafic de drogues. S’il veulent retrouver une légitimité, l’heure pour eux est au dialogue, et non à la violence ou au statut quo.


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